Le numérique responsable commence ici…

Je n’imaginais pas parler un jour de la 4L dans le cadre de mon travail.
Bleue turquoise. Accord de couleur délicat avec les points de rouille qui rongeaient la bestiole d’un peu partout. Sur le pare-brise, 10 vignettes, peut-être 15. De toutes les couleurs. Hexagonales (Gen Z s’abstenir), puis rondes à partir de 1986.

Mon oncle traînait une réputation de vieux babos et avec lui une image un peu ringarde (c'est les années 80, l’avènement de la culture du « gagner plus pour consommer plus »).
Alors qu’il était d’une incroyable modernité.
Il réparait, il entretenait et se dotait de ce dont il avait seulement besoin. Chaque année une petite vignette. Témoin coloré d’une sobriété assumée.

Et nous ?
Avant de remplacer notre ordinateur parce « qu’il commence à se faire vieux » ou pire « qu’il y a de belles promos en ce moment », s’est-on posé la question : que ferais-je avec une nouvelle machine que je ne puisse faire aujourd’hui ?

Cette question est primordiale.
Parce que l'impact environnemental d'un ordinateur réside très largement dans sa fabrication, loin devant sa consommation électrique tout au long de sa vie.
Selon la Mission interministérielle numérique écoresponsable, l’impact associé à la fabrication d’un ordinateur portable standard se situe entre 212 et 296 kg eq CO2. Allonger de 3 ans sa durée de vie permettrait d’économiser 65 kg eq CO2.

C’est beaucoup.
C’est l’équivalent d’un trajet d’environ 300 km en voiture thermique ou encore d’un vol Paris-Lyon en avion ! Ah ah non je plaisante, on ne peut pas aller en avion à Lyon depuis Paris en 2026, ça n’aurait aucun sens !

Ah ben si, on peut.

Voilà, donc si vous questionnez un tant soit peu votre propre impact numérique, ne cherchez pas plus loin, c’est LE levier, l’outil avec le manche le plus long.
Ramené aux 34 milliards d’équipements informatiques « utilisateurs », répartis dans le monde (inégalement d’ailleurs), on voit encore mieux la taille du manche.

Alors bien sûr qu’il faut éteindre son ordinateur, trier ses mails et qu’il ne nuit pas de faire pipi sous la douche froide de l’IA, mais le vrai gros impact c’est l’allongement de la durée de vie de nos machines.

Comment ?
- En retardant leur remplacement
On les répare, on veille à leur hygiène logicielle…
- En louant (vous connaissez Commown ?)
- En achetant reconditionné (chez Label Emmaüs par exemple)
- En leur offrant une vie après vous
L’occasion de saluer le travail des Ateliers du Bocage qui s’activent depuis plus de 20 ans pour sauver un maximum de machines en état de marche de la destruction. Structure sur laquelle nous avons pu nous appuyer chez Magnétic lors de notre récent déménagement.

Et vous, à titre personnel ou dans vos organisations, qu’est-ce qui motive réellement le remplacement (ou le prolongement) de vos matériels informatiques ?

PS : merci à Machin Bidule pour la création de ces « vignettes tech » (la photo de droite) et pour nous aider à bousculer joyeusement les imaginaires)

Nicolas Majesté - Cogérant chez Magnétic